Partager l'article ! Opale, opale masqué ohé ohé…: Après s’être déplacé à Cologne l’an passé, l’AXA Running Team avait, cette année ...
Olirun
Si tu ne sais pas où tu vas, souviens-toi d'où tu viens (G.R.)...
Après s’être déplacé à Cologne l’an passé, l’AXA Running Team avait, cette année, jeté son dévolu sur la Côte d’Opale pour y courir le trail du même nom …
La Côte d’Opale, cette bande de terre sise entre Cap Gris Nez et Blanc Nez, le long d’une mer dont la couleur lui donne son nom et où, par temps clair, on pense qu’on a qu’à tendre le bras pour toucher Douvres …
Au centre de cet espace privilégié se trouve la bourgade de Wissant. Ici, pas de glace ou de gaufre à un prix prohibitif, pas de loueur de cuistax et pas de regard offusqué quand on s’exprime en français, juste des maisons en bord de mer parfois dans un état de délabrement avancé et des Kite surf qui profitent de la vague pour défier les lois de la pesanteur.
Imaginez sur cette plage où d’habitude, les mouettes se disputent les bouts de pain qu’on leur jette, 3000 coureurs en tenue bigarrée et équipés de camelbag sur le coup de 8H45 ce dimanche 11 septembre.
La plupart vont gravir le cap Blanc Nez en longeant les falaises et revenir par les terres, d’autres ont opté pour des boucles en plus tandis que 300 irréductibles sont partants pour 62 bornes dans le sable, souvent face à un vent à décorner les bœufs et avec au menu l’ascension des deux caps…
Il est donc 8H45 ce dimanche et l’organisation tarde à donner le départ, la sono est défaillante et chacun se protège comme il peut des rafales de vent, ce vent qui soulève le sable et oblige chacun à se cacher derrière sa veste de pluie, sa casquette ou son foulard… Enfin, le compte à rebours libère les trailers et chacun se met en route pour la distance de son choix…
A titre personnel, j'ai décidé de me faire plaisir. Après avoir couru le 10,5 de Villers-Perwin vendredi soir en 44’17 (40ieme sur 280), je m’aligne sur le 18 kilomètres. En charge de l’organisation du voyage, je n’ai pas voulu associer au stress qui en découle un objectif trop ambitieux. J’ai un autre projet qui m’anime dont je vous parlerai bientôt.
Parti donc sur le 18 kilomètres, le parcours longe la mer et les falaises jusqu’au pied du cap blanc nez que l’on gravit à la queue leu leu et, foule oblige, en marchant. Arrivé au sommet, le parcours envoie ensuite les coureurs vers le mont Saint Hubert puis serpente à travers champs, par monts et par vaux, parfois face à un vent cinglant qui apporte un peu d’humidité. Je m’amuse sur ce parcours et, alors que l’heure de course est passée de quelques minutes, je m’avise qu’il ne me reste déjà plus que 6 kilomètres. C’est le moment de lâcher les chevaux et j’entame une remontée fantastique. 10 coureur par ci, 12 coureurs par là, encore 8 ici et 5, là-bas… A la grosse louche, je dépasse environ 200 coureurs pour rallier l’arrivée et termine en boulet de canon en 4’16 et 4’14 les deux derniers milles.
159ieme sur 1170 classés en 1H35’54’’. L’objectif plaisir est atteint. Très vite, je retourne à la recherche de Thibaud dont c’est le premier trail et courrai avec lui les 500 derniers mètres. Il terminera en 2H02 du haut de ses 14 ans …Bravo mon gars, good job ! Il en va de la course comme de la vie et ce genre d’épreuves te forgera un mental qui te servira au quotidien.
Au fil de la journée, les participants du voyage vont arriver. Tous se sont dépassés et tous se sont régalés sur ces parcours à la beauté à couper le souffle. Tous ont loué la gentillesse des bénévoles et la qualité des ravitaillements…
Gros bémol par contre au niveau de l’organisation : les manquements peuvent paraître anecdotiques mais cumulés, ils laissent une forte impression d’amateurisme. Un refus d’inscrire Thibaud en raison de son jeune âge alors qu’une catégorie junior était bel et bien possible, une erreur de fléchage sur le 62, des randonnées organisées cahin-caha, des masseurs absents à l’arrivée des traileurs longue distance, un départ différé pour une poignée de retardataires, un 6,5 kilomètres qui n’en fait que 4,7 et surtout, pas de consigne ni de vestiaire. 3000 coureurs et pas un endroit pour laisser son sac. Heureusement que nous avions le car pour y laisser nos effets personnels sans quoi nous aurions été contraints de tout laisser sur place sans réelle surveillance.
Sincèrement,
autant l’écrin de verdure est magnifique, autant l’emballage laisse à désirer… Je m’attendais à beaucoup mieux pour une organisation de cette envergure. Soit, cela n’altérera en rien le souvenir
que j’en garderai et cet esprit "course nature" omniprésent.
Finalement, l’image forte de cette édition restera cette équipe des pompiers de Paris, terminant les 62 kilomètres après plus de 8H de course à pousser une Joelette. La Joelette – pour les
profanes - est une charrette à roue unique sur laquelle on installe une personne handicapée. Ils sont donc arrivés sur la ligne d’arrivée sous un tonnerre d’applaudissements après avoir
permis à une personne défavorisée de faire le trail de la Cote d’Opale. A l’arrivée, ils étaient exténués et la personne handicapée pleurait de joie au moment où l’organisation lui a remis sa
médaille de finisher …
Tant que l’homme sera capable de moments comme celui-là, tout ne sera pas perdu !