Troisième étape sur la route de Nice avec une escale au Chtriman de Gravelines ce 6 juillet. A 250 kilomètres de la maison, c’était l’occasion de passer un week-end sur la côte d’Opale et de découvrir cette charmante bourgade coincée entre Dunkerque et Calais.

Pour la première fois, je m’alignais sur un triathlon longue distance. Au moment de l’inscription en janvier dernier, les distances étaient classiques : 1900 mètres de natation, 90 kilomètres en vélo et un semi-marathon. Las, les organisateurs nous avertirent plus tard que l’épreuve servirait de cadre au championnat de France et que par conséquent, la natation passait à 3000 mètres. Voilà qui ne m’arrangeait guère mais qu’à cela ne tienne, quand on a la prétention de devenir Ironman, on ne va pas s’arrêter à ce détail.

Arrivé la veille sur place pour le retrait des dossards et le dépôt du vélo, je reçois tout le kit nécessaire : les deux dossards, les étiquettes et la puce de chronométrage. Tout est bien organisé. Dans le sac de consigne figurent également un superbe t-shirt technique taille S et une surveste manches courtes. Si la surveste me va comme un gant, le t-shirt garnira l’armoire de Geneviève. C’est dommage de demander les tailles à l’inscription et de ne pas en tenir compte. Enfin, l’erreur est humaine.  

Soit, après avoir fait un crochet par La Panne pour y suivre le tango argentin à la sauce Diables Rouges, nous voilà de retour à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil. Le réveil sonne à 7H. Une douche et le Gatosport seul dans la cafétéria de l’hôtel. Petite pensée à Sergio et à un Gatosport pris ensemble à Florence avant le marathon il y a déjà presque 3 ans. Geneviève se lève et me conduit sur l’aire de départ au Paarc, un bassin géant aménagé pour les entraînements en aviron.

Paarc.jpg

 

Le temps d’installer mes affaires, de passer aux toilettes pour une dernière fois et c’est le moment  d’enfiler la combi. Le speaker annonce une eau à 20 degrés et nous invite à nous rendre sur l’aire de départ au son d’ACDC et du célèbre « Highway to hell ». Une chanson que personne n’espère prémonitoire. Au bord de l’eau, j’ajuste mes lunettes et saute. C’est vrai que la température est agréable, bien plus chaude qu’à l’Eau d’heure cinq semaines auparavant. Le compte à rebours est lancé et enfin, le départ est donné. Très vite, je trouve ma cadence, je pense aux conseils de Manu, essayant de me grandir un maximum et de ne pas perdre d’énergie dans des mouvements superflus. On est parti depuis 2 minutes quand un concurrent m’attrape par un pied et me pousse sur le côté. Incroyable, je suis en queue de peloton et le bassin est aussi large que la E411 et ce c… parvient encore à vouloir me passer dessus. Je m’arrête de nager et l’engueule copieusement. Il me répond quelque chose que je ne comprends pas et je reprends ma nage. Plus loin, je le re-dépasse, cet enfoiré s’est mis à la brasse. Cela valait bien la peine de vouloir passer devant si c’est pour ne pas tenir le coup.

Les mouvements s’enchaînent, fluides. C’est long mais je me sens bien. Je passe la première bouée, puis la seconde et rallie l’arrivée sans trop de soucis. A l’analyse, j’ai quand même fait beaucoup de zigzags car la Garmin affiche 3170 mètres. Dans mes calculs, je voulais sortir en 1H15 et le chrono indique 1H10, je suis bien dans les temps. Je cours jusqu’à la zone de transition, enlève ma combi et enfile mon casque. Une pluie fine a fait son apparition, accompagnée d’un vent soutenu. Beaucoup de concurrents enfilent des vestes de pluie et des manchettes. Je n’ai rien de tout cela mais à tout prendre, comme il ne fait pas froid, si la pluie persiste, cela fera des vêtements humides à transporter en plus et je ne regrette pas n’avoir rien emporté. Je sors de la zone de transition et enfourche le vélo. C’est parti pour 90 kilomètres dans les Flandres Maritimes qui portent plus que jamais parfaitement leur nom. Le ciel est si bas qu’un canal s’y pendrait bien…

Les premiers kilomètres sont en aller-retour et on croise des concurrents partis plus tôt sur l’Ironman. J’ai parcouru 15 kilomètres quand je croise Jérôme, un copain du village lancé sur la distance mythique. Tout a l’air d’aller bien pour lui. Premier ravitaillement et on aborde la seule difficulté du parcours. Une côte de 2 kilomètres à 8% de moyenne. Je la passe sans encombre et dépasse quelques concurrents lancés sur des vélos de contre-la-montre avec roue lenticulaire. Je ne suis pas un cador en vélo loin s’en faut mais voir des gars sur des vélos à 5000 euros ramer dans une montée relativement facile, cela met du baume au cœur. Je m’attendais à ce que ces concurrents me repassent par après mais il n’en fut même rien. Deuxième ravitaillement après 45 kilomètres et nous sommes dépassés par une concentration de motards. Dans les routes étroites, nous avons donc le plaisir de respirer les gaz d’échappement pendant 5 minutes, le tout sous une pluie battante et des bourrasques de vent qui obligent de tenir le guidon en permanence à deux mains.

Bon nombre de concurrents s’arrêtent pour enfiler un k-way. J’ai surtout des problèmes de vision. Quand je pense que je me suis acheté des lunettes solaires à ma vue en prévision de ce triathlon, la situation est franchement surréaliste et je roule désormais pratiquement à l’aveuglette. J’enlève mes lunettes et tente de les essuyer mais le vent ne me laisse pas beaucoup de latitudes. J’entends également que je reçois un SMS mais impossible d’y répondre tant la météo est capricieuse et que la conduite requiert toute mon attention.

La machine fonctionne bien et je suis en avance sur mes prédictions. J’avais noté 3H30 pour la partie vélo et à moins d’un ennui mécanique, cela devrait le faire. A ce propos, c’est incroyable le nombre de concurrents à l’arrêt occupés à changer une roue. J’en compte au moins une vingtaine sur tout le parcours alors que dans l’ensemble, les chemins empruntés sont plus que corrects. La même épreuve dans le brabant wallon et le marchand de chambres à air fait fortune.

65ieme kilomètre et la pluie diminue un peu. On a enfin le vent dans le dos et je me place sur le prolongateur. Je suis dans ma bulle et enroule sur le grand plateau. Je suis dépassé par les premiers de l’Ironman qui, lancés sur des machines de guerre, pédalent à plus de 40 kilomètres heure. C’est vachement impressionnant de voir ces concurrents tenir une telle cadence après 150 kilomètres de course.

Le site d’arrivée est en vue et un coup d’œil au chrono m’indique que je suis largement dans les temps escomptés : 3H11. Plus de 28 km/h de moyenne dans ces conditions climatiques défavorables, pour un pinceau comme moi, c’est très satisfaisant. De quoi savourer les longues heures de rouleau passées dans la cave.

Je dépose le vélo à son emplacement, pose le casque et enfile mes chaussures de CAP. J’avais eu la bonne idée de les mettre dans mon sac de consigne et bien m’en a pris. Tout le reste de mes affaires flotte dans deux centimètres d’eau au fond de mon bac. Un petit salut à Martin et à Geneviève et c’est parti pour 21 kilomètres de course. Comme d’habitude, les premiers hectomètres sont douloureux, il faut le temps que la machine se lance. Toutefois, le panneau du premier kilomètre est en vue et je suis déjà dans un rythme conforme à mes prévisions : 5’ au kilomètre. Dans mes calculs, je souhaite terminer la course en 1H45 et vais courir sur cette base. Les premiers kilomètres s’égrènent et je me sens très bien. Je remonte des concurrents un à un et m’amuse à les compter. Le parcours emprunte le chemin des remparts de Gravelines, ville fortifiée par Vauban et doit être très joli sous le soleil. Las, la pluie et le vent redoublent d’intensité. A mi-parcours, nous longeons un bras de mer avant de faire demi-tour et de revenir vers la ville. Il me reste 10 kilomètres, un jogging dominical et je me sens toujours aussi bien. J’ai mes gels énergétiques que j’ingurgite à chaque ravitaillement où j’attrape également un morceau de banane et de pastèque. La pluie est omniprésente mais je ne la sens même plus. Je dépasse tant et plus et sur toute la partie course à pieds, c’est plus de 80 concurrents que je remonterai. Il me reste 2 kilomètres quand je recroise Jérôme, parti sur le marathon. Il a l’air bien même si son allure est forcément lente. Je lui souhaite bonne chance et espère qu’il ira au bout. (Il y parviendra en 12H07).

Enfin, le site du Paarc est en vue, une dernière boucle, je tape dans la main de Martin et de Geneviève qui m’attendent sous la pluie depuis de longues heures et passe la ligne d’arrivée en 6H11… Soit 19 minutes de mieux que prévu. Je boucle le semi en 1H40. Un bénévole me tend ma médaille et m’emmène vers l’aire de ravitaillement final où on sert de la bière aux participants. Je suis surpris de la diversité de ce qui nous est proposé. A côté du ravitaillement, des kinés proposent un massage gratuit aux arrivants et la Croix-Rouge s’affaire autour de concurrents en hypothermie. Certains sont vraiment dans un sal état.

Rien de tout cela en ce qui me concerne et je marche encore tout à fait normalement. Je récupère mon vélo et retourne à la voiture. Je m’étais dit que j’attendrais Jérôme mais toute la famille est frigorifiée et ne rêve que de rentrer à la maison.

Avant de conclure, un énorme coup de chapeau aux bénévoles qui ont assuré la signalisation des parties vélo et course à pied sous la pluie pendant de longues heures avec le sourire. Sans eux, il n’y aurait pas de course et leur amabilité dans ces conditions climatiques désastreuses était tout bonnement fantastique.

Quant à la conclusion à proprement parler, elle va de soi : c’est quand le prochain ??? 

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