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Dimanche 21 avril : 13H20. Je récupère mon sac à la consigne de la Groenplaats et me précipite sur mon portable. Je compose le numéro de la maison et après 3 sonneries, mon fils Martin décroche.

  •           Allo Martin, c’est papa !
  •           Papa, il n’y a pas eu de bombes ?
  •           Non bonhomme, y a pas eu de bombes .
  •           Et tu as bien couru ?  
  •           Oui, bonhomme ! Je n’ai pas battu mon record mais je suis très content. Tu as été avec moi pendant toute la course, c’est comme si tu avais couru à coté de moi.
  •           Oh non papa, je serais crevé …
  •           (Rires), non bonhomme, je veux dire que j’ai pensé à toi pendant toute la course. Je t’aime très fort !
  •           Moi aussi Papa, à tantôt…

Rétroacte un : dimanche 21 avril 9H25. Le peloton compact attend le coup de starter et le speaker annonce la tenue de la minute de silence à la mémoire des victimes de Boston. De mémoire, je n’ai jamais vécu une minute de silence respectée de la sorte. Même les mouches n'étaient pas autorisées à voler dans cet instant de recueillement. Certains – dont moi - épongent discrètement leurs yeux et d’autres reniflent plus que de raison.

Rétroacte deux : lundi 15 avril. A l’arrivée du marathon de Boston, deux frères font sauter deux cocottes minute remplies de clous. Trois personnes ne se relèveront pas dont un petit Martin de 8 ans, comme le mien, comme tous les enfants du monde qui ne peuvent plus désormais vivre dans l‘insouciance propre à leur âge.   

Face à cela, plus rien n’a d’importance. Le chrono, les sensations, la course, la préparation, le régime alimentaire. Il n’y a plus que des coureurs heureux d’en finir mais conscients que le risque zéro n’existe plus.

Sinon, en vrac, voici les considérations qui me viennent à l’esprit.

  • Tout d'abord un immense merci à Peter Van Loock qui m'a suivi en vélo du 7ième à la fin ! Il ne m'a pas protégé du vent, il ne m'a jamais ravitaillé mais ses encouragements permanents ont été géniaux ! 
  • Très belle organisation : tout est bien pensé et les ravitaillements sont présents en nombre et bien positionnés. Les transports en commun gratuits, c'est sympa aussi ! Bruxelles ferait bien d'y penser ... 
  • Parcours roulant une fois qu’on est sorti du tunnel sous l’Escaut. Belle ambiance tout le long avec des orchestres et des animations. Juste le passage devant le Sportpaleis entre le 36ieme et 38ieme qui est un peu plus pénible. Le fait d’avoir son nom sur le dossard prodigue beaucoup d’encouragements personnalisés et c’est très chouette.
  • Pour une fois, j’ai réussi à canaliser la vitesse lors des kilomètres initiaux pour passer au semi en 1H40’14’’. J’ai tenu le bon tempo jusqu’au 38ieme avant de craquer et passer de 4’45 à 5’20 au kilomètre. Il m’aura manqué 4 kilomètres pour battre mon record de Florence que je rate pour 73 secondes.  Je termine en 3H22’48’’… Mais est-ce vraiment important ?
  • Tout au long du parcours, j’ai pensé aux événements de Boston et aux deux Martin, le mien et la victime et ils ont constitué un adjuvant précieux à partir du 38ieme.
  • Chouette 3ieme mi-temps avec le Bob orange et une Triple Westmalle.  

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Pour Martin Richards et Martin Moreaux ... Merci bonhommes ... 

Le marathon, ca reste un moment à part, une course spéciale, des instants privilégiés. Vivement Valence en novembre et Londres au printemps 2014.  

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